Créer un site internet au Maroc échoue rarement pour des raisons techniques. Cela échoue parce que le projet démarre par la mauvaise question — « combien ça coûte ? » au lieu de « à quoi doit servir ce site ? » — et parce que personne n'a prévu qui écrirait les textes. Ce guide décrit le parcours dans l'ordre où il se déroule réellement : ce que vous devez trancher avant d'appeler un prestataire, ce qu'on va vous réclamer et que vous n'avez pas, ce que la loi marocaine exige si votre site collecte des données, et ce que vous devez récupérer à la fin pour être réellement propriétaire.
Les fourchettes de budget ne sont pas ici : elles vivent dans notre article dédié au prix de création d'un site web au Maroc. Ce guide-ci est un guide de méthode.
Les quatre décisions à prendre avant de consulter un prestataire
Aucune de ces quatre décisions n'est technique. Toutes les quatre changent le projet du tout au tout, et aucun prestataire ne peut les prendre à votre place.
Quel est le seul résultat que ce site doit produire ? Recevoir des demandes de devis, vendre en ligne, faire venir des gens en boutique, rassurer un acheteur étranger avant un rendez-vous, recruter. Un site qui poursuit cinq objectifs n'en atteint aucun. Choisissez-en un principal, les autres deviendront secondaires.
À qui s'adresse-t-il exactement ? Un particulier d'Agadir qui cherche un artisan et un acheteur européen qui évalue un exportateur de primeurs n'ont ni les mêmes questions, ni le même niveau d'exigence sur les preuves. Le premier veut un numéro de téléphone visible. Le second veut des certifications, des volumes et des références vérifiables.
Dans quelles langues ? C'est une décision commerciale, pas esthétique. Le français seul suffit souvent pour une clientèle professionnelle marocaine. L'arabe devient pertinent pour un grand public. L'anglais s'impose pour le tourisme et l'export. Chaque langue ajoutée est un contenu à écrire aujourd'hui et à maintenir pendant des années.
Qui, dans votre entreprise, va répondre ? Un formulaire sans destinataire identifié est un formulaire mort. Décidez dès maintenant qui reçoit les demandes, sur quelle adresse, et sous quel délai. C'est la décision la plus négligée et celle qui détermine si le site rapporte quelque chose.
Si votre besoin se résume à exister, à être crédible et à être joignable, notre article sur l'utilité d'un site vitrine vous aidera à cadrer l'ambition avant de consulter.
Ce qu'on va vous demander, et que presque personne n'a préparé
Le retard des projets vient rarement du prestataire. Il vient de cette liste, réclamée à la deuxième semaine et fournie à la sixième.
| Élément | Pourquoi c'est demandé | Le piège courant |
|---|---|---|
| Vos textes de présentation | Personne ne connaît votre métier mieux que vous | Attendre que le prestataire « trouve les mots » |
| Des photos réelles | Les photos de banque d'images se repèrent et décrédibilisent | Photos de téléphone prises à contre-jour |
| Votre logo en version vectorielle | Un logo en JPEG devient flou dès qu'on l'agrandit | N'avoir que le fichier envoyé par l'imprimeur |
| Vos mentions légales | Raison sociale, forme juridique, adresse, ICE, contact | Copier celles d'un autre site |
| Vos références ou réalisations | C'est ce qui convertit un visiteur hésitant | Ne pas avoir demandé l'accord des clients cités |
| Vos accès existants | Domaine, hébergement, comptes Google si le site existe déjà | Découvrir qu'ils sont au nom d'un ancien prestataire |
Un conseil qui fait gagner des semaines : rassemblez ces six éléments dans un dossier partagé avant le premier rendez-vous. Vous serez le client qui livre à l'heure, et le projet ira deux fois plus vite.
Pour un projet un peu ambitieux, formaliser tout cela dans un document écrit évite les malentendus coûteux ; la trame est détaillée dans notre guide sur le cahier des charges d'un site web.
Ce que la loi marocaine vous demande si votre site collecte des données
Dès qu'un formulaire de contact, une inscription à une newsletter ou un compte client existe sur votre site, vous traitez des données personnelles — et la loi 09-08 s'applique. La Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP) publie des obligations explicites pour les responsables de sites web.
Ce qu'il faut retenir, en pratique :
- Notifier le traitement à la CNDP. Une déclaration préalable dans le cas général, une demande d'autorisation pour les données sensibles ou le numéro de carte d'identité, et une demande spécifique si les données sont hébergées à l'étranger — ce dernier point concerne la majorité des PME marocaines, dont le site est hébergé hors du Maroc.
- Informer vos visiteurs. L'identité du responsable, la finalité du traitement, les destinataires des données, le caractère obligatoire ou facultatif des réponses, les droits d'accès, de rectification et d'opposition, et le numéro de récépissé délivré par la CNDP.
- Recueillir le consentement. La CNDP précise que les cases d'acceptation ne doivent pas être pré-cochées.
- Traiter les cookies à part. Un site qui utilise des cookies faisant appel à des données personnelles doit recueillir le consentement avant leur dépôt, et indiquer comment s'y opposer.
Ce ne sont pas des lignes de devis exotiques : ce sont des obligations qui s'imposent à vous, pas à votre prestataire. Demandez explicitement qui s'en charge et faites-le écrire.
Le nom de domaine, et à quel nom l'enregistrer
Le nom de domaine est le seul élément du projet qui soit véritablement irremplaçable. Tout le reste peut être refait ; un domaine perdu emporte votre adresse, vos e-mails et votre référencement.
Deux points à trancher tôt. D'abord l'extension : le « .ma » est géré par l'ANRT, et l'enregistrement se fait via un prestataire accrédité — un « organisme accrédité par l'ANRT servant d'intermédiaire entre le gestionnaire et les demandeurs », selon la page officielle des prestataires du .ma. Un « .com » reste pertinent pour une activité tournée vers l'export ; beaucoup d'entreprises marocaines prennent les deux et en font pointer un vers l'autre. Les détails pratiques et tarifaires sont dans notre article sur le nom de domaine .ma et son prix.
Ensuite, et c'est le point vraiment important : le domaine doit être enregistré au nom de votre société, avec une adresse e-mail que vous contrôlez. Pas l'adresse personnelle de votre prestataire, pas celle du stagiaire qui a monté le projet. Demandez une capture de la fiche du domaine montrant le titulaire. Si le prestataire trouve la demande étrange, c'est déjà une réponse.
Qui possède quoi à la fin : la liste à réclamer à la livraison
À la mise en ligne, exigez ces éléments par écrit. C'est le moment où on vous les donne sans discuter ; six mois plus tard, c'est une négociation.
- Les accès au compte du nom de domaine, et la confirmation que le titulaire est votre société.
- Les accès à l'hébergement, avec le nom de l'hébergeur et le type de formule.
- Les accès d'administration du site, avec un compte au niveau le plus élevé.
- Une sauvegarde complète : fichiers et base de données.
- La propriété de vos comptes Google — Search Console, outil de mesure d'audience, fiche établissement.
- Les fichiers sources du design et le logo en version vectorielle.
- Une note écrite expliquant comment modifier les contenus courants.
Cette liste tient sur une page. Elle est ce qui sépare un site qui vous appartient d'un site que vous louez sans le savoir.
Créer un site internet au Maroc : le calendrier réaliste
| Étape | Qui travaille | Ce qui bloque le plus souvent |
|---|---|---|
| Cadrage et décisions | Vous | L'objectif du site pas tranché |
| Fourniture des contenus | Vous | Les textes et les photos |
| Conception et maquettes | Le prestataire | Les allers-retours non limités |
| Développement | Le prestataire | Les fonctions ajoutées en cours de route |
| Relecture et corrections | Vous | Les validateurs multiples et contradictoires |
| Mise en ligne | Le prestataire | Les accès manquants au domaine |
Sur cette chaîne, deux étapes sur trois dépendent de vous. Chez Samed Agency, un site vitrine est livré en 5 à 10 jours ouvrables une fois les contenus en main, et un projet sur mesure ou une boutique en ligne en 3 à 6 semaines. Les projets qui dérapent ne dérapent presque jamais au développement : ils dérapent en attendant un dossier de photos.
Un dernier réflexe utile : décidez dès le cadrage de ce que vous regarderez trois mois après la mise en ligne. Nombre de demandes reçues, appels générés, recherches sur lesquelles vous apparaissez. Un site dont personne ne mesure l'effet finit toujours par être jugé sur son apparence — le seul critère qui ne rapporte rien.
Vous préparez la création de votre site et vous voulez savoir par où commencer concrètement ? Dites-nous simplement ce que vous vendez et à qui : nous vous renvoyons la liste des éléments à préparer et un calendrier réaliste pour votre cas, sans engagement. Écrivez-nous depuis samedagency.com ou sur WhatsApp au +212 781 769 646, le devis est gratuit sous 24 heures.
Questions fréquentes
Faut-il un « .ma » ou un « .com » pour une entreprise marocaine ?
Le « .ma » envoie un signal d'ancrage local utile si votre clientèle est marocaine, et sa gestion relève de l'ANRT via des prestataires accrédités. Le « .com » est plus neutre et souvent préféré pour une activité d'export ou touristique. Beaucoup d'entreprises réservent les deux et redirigent l'un vers l'autre, ce qui protège le nom et coûte peu.
Dois-je déclarer mon site à la CNDP ?
Dès que votre site collecte des données personnelles — formulaire de contact, newsletter, compte client — une notification est requise. La CNDP distingue la déclaration préalable du cas général, la demande d'autorisation pour les données sensibles, et la demande spécifique lorsque les données sont hébergées à l'étranger, ce qui est fréquent. Les modalités sont détaillées sur le site de la CNDP.
Puis-je fournir les textes moi-même pour réduire le coût ?
Oui, et c'est la façon la plus efficace de faire baisser un devis. Deux conditions : que les textes soient écrits pour vos clients et non pour vous-même, et qu'ils arrivent en une fois, pas au compte-gouttes. Un texte fourni en retard coûte plus cher en décalage de planning que ce qu'il économise.
Combien de pages faut-il pour un premier site d'entreprise ?
Moins que ce qu'on imagine. Une page d'accueil claire, une page par service réellement distinct, une page de preuves — réalisations, clients, certifications — et une page de contact suffisent à couvrir l'essentiel. Mieux vaut quatre pages solides que douze pages remplies à moitié.
Qui est propriétaire du site une fois livré ?
Cela dépend entièrement de ce qui est écrit dans le contrat, pas de ce qui semble évident. Exigez une clause précisant que le domaine, les contenus, les fichiers et les accès vous appartiennent à la livraison. Une plateforme louée au mois reste la propriété du prestataire, ce qui peut se défendre — à condition que vous le sachiez avant de signer.
