Un cahier des charges site web utile tient en deux à quatre pages. Pas en trente. Son rôle n’est pas de décrire le web, c’est de rendre trois devis comparables et de vous garantir que ce qui sera livré correspond à ce que vous aviez en tête. Ce modèle reprend les neuf sections qui comptent, avec, pour chacune, les phrases exactes à recopier et à adapter. Comptez une heure pour le remplir. C’est l’heure la mieux investie de tout votre projet.
Ce qu’un cahier des charges de site web évite vraiment
Les litiges entre une PME et son prestataire portent presque toujours sur les mêmes points : « je croyais que les textes étaient inclus », « je pensais qu’on pouvait ajouter des pages nous-mêmes », « le site n’est pas en arabe », « la commande devait arriver sur WhatsApp ». Aucun de ces points n’est technique. Tous viennent d’un non-dit.
Un cahier des charges écrit par vous, même imparfait, fait trois choses : il oblige à trancher avant de payer, il empêche un prestataire de facturer en cours de route ce qu’il avait « supposé » exclu, et il vous protège au moment de la recette, parce que vous pouvez pointer une ligne au lieu d’argumenter.
Écrivez-le avant de demander des devis, pas après. Un devis rédigé à partir de votre document est comparable ; un devis rédigé à partir d’un appel téléphonique ne l’est pas.
Section 1 — Qui vous êtes et ce que le site doit produire
Deux paragraphes suffisent. Votre activité, votre zone de chalandise, et surtout le résultat attendu, formulé en action mesurable et non en adjectif.
« Nous sommes une entreprise de [activité] basée à [ville], intervenant principalement dans le Souss-Massa. Le site doit générer des demandes de devis par formulaire et par WhatsApp, et permettre à un client de comprendre notre offre en moins d’une minute. »
Évitez « un site moderne et professionnel » : cela ne se vérifie pas à la recette.
Section 2 — L’arborescence, page par page
Listez les pages, avec un niveau de sous-pages au maximum. C’est ce qui détermine le prix plus que tout le reste.
« Pages prévues : Accueil, À propos, Services (une page par service : [service 1], [service 2], [service 3]), Réalisations, Blog (liste + article), Contact, Mentions légales, Politique de confidentialité. Toute page supplémentaire fera l’objet d’un avenant chiffré. »
Précisez aussi ce que vous pourrez modifier seul :
« Les pages Services, Réalisations et Blog sont administrables : nous devons pouvoir ajouter, modifier et supprimer un élément sans intervention du prestataire. »
Section 3 — Langues et sens de lecture
C’est la section la plus oubliée au Maroc, et la plus chère à rattraper. Une version arabe n’est pas une traduction posée sur le même gabarit : elle impose une mise en page de droite à gauche, des polices adaptées et une navigation inversée.
« Le site est livré en français. Une version arabe est [prévue dès la livraison / prévue en phase 2 / non prévue]. Si elle est prévue, l’affichage de droite à gauche (RTL) et une police arabe lisible sont inclus. La traduction est fournie par [le client / le prestataire]. »
Tranchez aussi la question du contenu en darija sur les visuels et les réseaux : c’est fréquent et cela doit être écrit.
Section 4 — Formulaire et connexion WhatsApp
Au Maroc, une large part des demandes arrive par WhatsApp. Décrivez le parcours dans le détail, sinon vous recevrez un bouton qui ouvre une conversation vide.
« Le formulaire de contact comporte les champs : nom, téléphone, e-mail, ville, message. À l’envoi, le message est transmis à [adresse e-mail] et une copie est envoyée à l’expéditeur. Un bouton WhatsApp flottant est présent sur toutes les pages ; il ouvre une conversation vers le [numéro] avec un message pré-rempli reprenant la page consultée. »
Ajoutez le point qui vous évitera une mauvaise surprise juridique :
« Le prestataire fournit une politique de confidentialité conforme à la loi 09-08 et indique la démarche de déclaration du traitement auprès de la CNDP. »
Toute collecte de données personnelles par un site marocain relève en effet de la loi 09-08, et le responsable du traitement doit déclarer celui-ci à la CNDP (Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel).
Section 5 — Les fonctionnalités, listées à plat
Une ligne par fonctionnalité, et rien d’implicite. Exemples à cocher ou à supprimer :
- Blog avec catégories et articles administrables
- Galerie ou portfolio de réalisations
- Carte Google Maps et fiche d’établissement liée
- Formulaire de devis en plusieurs étapes
- Espace client ou suivi de commande
- Paiement en ligne (à ne cocher que si le contrat bancaire est engagé)
- Newsletter et export des contacts
- Statistiques de visite accessibles au client
Si vous hésitez entre une simple vitrine et une boutique complète, tranchez cette question avant d’écrire cette section : elle change le budget du tout au tout. Les critères de décision sont détaillés dans notre comparatif entre un site vitrine et une boutique e-commerce.
Section 6 — Qui écrit, qui photographie
Le contenu est la première cause de retard sur les projets de site web. Dites-le clairement.
« Les textes des pages [liste] sont fournis par le client au format traitement de texte, au plus tard le [date]. Les textes des pages [liste] sont rédigés par le prestataire, sur la base d’un entretien. Les photos sont [fournies par le client / issues d’une banque d’images, coût inclus / réalisées lors d’un reportage photo à chiffrer]. Le logo est fourni en format vectoriel. »
Si vous n’avez pas de logo vectoriel, écrivez-le : la reprise du logo est une ligne de devis à part.
Section 7 — Technique, hébergement et propriété
Quatre phrases, et elles valent plus que le reste du document.
« Le nom de domaine est enregistré au nom de [raison sociale du client], qui en est le titulaire. L’hébergement est souscrit sur un compte au nom du client, qui reçoit les accès administrateurs à la livraison. Le code source est la propriété du client et lui est remis à la livraison. Le site est livré avec un certificat SSL actif et une sauvegarde automatique quotidienne. »
Précisez le socle technique et les performances attendues :
« Le site est responsive et testé sur mobile Android et iOS. Les pages principales doivent s’afficher correctement sur une connexion mobile standard. Le prestataire indique la technologie utilisée et si le site dépend d’abonnements tiers payants. »
Section 8 — Référencement et mesure
N’achetez pas une promesse de position. Achetez des fondations vérifiables.
« Sont inclus : balises title et meta description uniques sur chaque page, structure de titres hiérarchisée, plan de site XML, fichier robots.txt, URL lisibles, images compressées et attributs alt renseignés, Google Analytics et Google Search Console installés et accessibles au client. En cas de refonte, un plan de redirections 301 de chaque ancienne URL vers la nouvelle est fourni avant la mise en ligne. »
Cette dernière phrase est capitale si votre site actuel reçoit déjà des visites. Sans redirections, une refonte peut effacer en quelques jours un référencement construit sur deux ans.
Section 9 — Planning, recette et garantie
« Planning prévisionnel : maquette sous [X] jours, développement sous [X] jours, recette sous [X] jours, mise en ligne le [date]. Deux cycles de modifications sont inclus sur la maquette. La recette est réalisée par le client sur une adresse de préproduction ; elle donne lieu à un procès-verbal listant les réserves. Le prestataire corrige les réserves sans frais. La garantie corrective court [X] mois à compter de la mise en ligne. La maintenance fait l’objet d’un contrat distinct chiffré dans le devis. »
Ajoutez les conditions de paiement et l’identification fiscale :
« Le devis est présenté hors taxes, avec l’ICE du prestataire. Échéancier : [X] % à la commande, [X] % à la validation de la maquette, le solde à la mise en ligne. »
Comment l’utiliser pour comparer trois devis
Une fois le document envoyé, reportez chaque réponse dans un tableau. L’écart de prix s’explique presque toujours par une colonne restée vide.
| Point du cahier des charges | Devis A | Devis B | Devis C |
|---|---|---|---|
| Nombre de pages incluses | |||
| Pages administrables par le client | |||
| Version arabe et RTL | |||
| Rédaction des textes incluse | |||
| Photos incluses | |||
| Domaine et hébergement au nom du client | |||
| Code source remis | |||
| Plan de redirections (refonte) | |||
| Garantie corrective (durée) | |||
| Maintenance mensuelle (prix) | |||
| Délai de livraison | |||
| Prix HT et ICE présent |
Si vous ne savez pas quoi attendre comme montant dans la dernière ligne, notre guide des prix de création d’un site web au Maroc donne les fourchettes par type de projet, et notre article sur le choix entre freelance et agence web au Maroc explique ce que recouvrent les écarts.
Cahier des charges site web : les quatre erreurs qui coûtent cher
- Décrire un style au lieu d’une fonction. « Épuré » ne se vérifie pas ; « la demande de devis doit être atteignable en un clic depuis toutes les pages » se vérifie.
- Oublier qui fournit le contenu. C’est le premier motif de dérapage du planning.
- Cocher « paiement en ligne » sans avoir engagé le contrat bancaire. Le développement sera prêt avant le contrat marchand, et le site attendra.
- Ne rien écrire sur la propriété du domaine. C’est le seul point qui peut vous coûter votre adresse plusieurs années plus tard.
Les étapes en amont, du choix du nom au lancement, sont détaillées dans notre guide pour créer le site web de son entreprise au Maroc. Et si votre projet est une application plutôt qu’un site, la logique est la même mais les sections changent : voyez le cahier des charges d’une application mobile.
Vous avez rempli ces neuf sections et vous voulez savoir ce que votre projet coûte réellement ? Envoyez-nous votre document depuis samedagency.com. Nous le relisons, signalons les points qui manquent et vous renvoyons un devis gratuit et détaillé sous 24 heures, ligne par ligne, pour que vous puissiez le comparer à un autre.
Questions fréquentes
Quelle longueur doit faire un cahier des charges pour un site vitrine ?
Deux à quatre pages suffisent pour un site de cinq à quinze pages. Au-delà, vous décrivez des solutions techniques au lieu de décrire vos besoins, et vous enfermez le prestataire dans des choix qui ne sont pas les vôtres. Précision ne veut pas dire longueur.
Faut-il écrire le budget dans le cahier des charges ?
Oui, sous forme de fourchette. Un prestataire honnête vous dira immédiatement si votre projet entre dedans ou non, ce qui vous fait gagner deux semaines. Cacher le budget ne fait pas baisser les prix : cela produit des devis qui ne se comparent pas entre eux.
Que faire si le prestataire propose son propre cahier des charges ?
Lisez-le, mais gardez la main sur les sections 6, 7 et 9 : contenu, propriété et recette. Ce sont celles qui vous protègent. Un document rédigé uniquement par le prestataire décrit naturellement ce qu’il sait faire, pas forcément ce dont vous avez besoin.
Le cahier des charges a-t-il une valeur contractuelle ?
Seulement s’il est annexé au devis ou au contrat signé, avec une mention le rendant opposable. Demandez que le devis comporte la phrase : « Le cahier des charges du client daté du [date] est annexé au présent devis et en fait partie intégrante. » Sans cela, votre document reste une intention.
