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Créer une app de livraison pour restaurant : la marge

Créer une app de livraison pour restaurant : le calcul de marge face aux plateformes, le menu QR, la commande directe et la fidélité, expliqués pour Agadir.

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Créer une app de livraison pour restaurant : la marge

Créer une app de livraison pour restaurant ne se décide pas sur l'envie d'être « sur les stores ». Cela se décide sur une seule ligne de calcul : la marge que vous récupérez sur chaque commande passée en direct, multipliée par le nombre de commandes que vous êtes réellement capable de ramener chez vous, moins ce que vous coûte la livraison quand c'est vous qui la faites. Tant que ce résultat reste négatif, la plateforme est votre meilleur outil. Le jour où il devient positif, chaque commande directe travaille pour vous — et elle continue de travailler le mois suivant, parce que le client est désormais le vôtre.

Ce que la plateforme vous prend, et ce qu'elle vous donne vraiment

Les plateformes de livraison sont installées dans la plupart des grandes villes marocaines, Agadir comprise : Glovo y opère une zone de livraison comme à Casablanca ou Marrakech. Elles apportent trois choses qu'un restaurant seul n'a pas : un flux de clients qui cherchent « à manger », une flotte de livreurs disponible aux heures de pointe, et un paiement encaissé sans que vous ayez à ouvrir quoi que ce soit.

En échange, elles prennent une commission sur chaque commande, imposent leurs promotions, et surtout gardent le client. Vous ne savez pas qui a commandé, ce qu'il a commandé le mois dernier, ni comment le rappeler. Le jour où la plateforme change ses règles, vous ne pouvez rien faire. Le rappel le plus net reste l'arrêt de Jumia Food, annoncé en décembre 2023 dans sept marchés dont le Maroc (Médias24) : les restaurants qui n'avaient que ce canal ont perdu du jour au lendemain à la fois leurs commandes et leur fichier client.

La bonne façon de poser le problème n'est donc pas « plateforme ou application ». C'est : quelle part de mes commandes puis-je déplacer vers un canal que je possède, sans perdre le volume que la plateforme m'apporte.

Le calcul de marge, poste par poste

Faites-le avec vos propres chiffres, sur un mois réel, avant de commander quoi que ce soit. Prenez votre relevé de commissions et répondez à ces quatre questions :

  • Combien vous reste-t-il sur une commande passée en plateforme ? Ticket moyen, moins le coût matière, moins la commission, moins la remise promotionnelle que la plateforme vous a fait appliquer.
  • Combien vous resterait-il sur la même commande en direct ? Ticket moyen, moins le coût matière, moins les frais d'encaissement en ligne s'il y en a, moins le coût de livraison si vous livrez vous-même.
  • Combien de commandes directes pouvez-vous espérer par mois ? Comptez vos habitués, ceux qui appellent déjà, ceux qui viennent sur place et à qui vous pouvez présenter le canal direct.
  • Que coûte le canal direct par mois ? Développement amorti, hébergement, maintenance, et surtout le salaire ou la course des livreurs.

L'écart entre les deux premières lignes est votre marge récupérée par commande. Multipliée par la troisième ligne, elle doit couvrir la quatrième. Un restaurant qui livre quelques commandes par service verra rarement le calcul pencher du côté de l'application ; un établissement qui sature ses soirées et refuse des commandes le fera basculer beaucoup plus vite. Faites l'opération avec vos propres relevés plutôt qu'avec une moyenne trouvée en ligne. Les ordres de grandeur d'un développement mobile sont détaillés dans notre article sur le prix d'une application mobile au Maroc.

Commencez par le menu QR, pas par l'application

C'est la marche la plus basse et la plus rentable, et presque tous les restaurants d'Agadir peuvent la monter en quelques jours. Un menu accessible par QR code sur les tables, c'est une page web rapide, sans téléchargement, avec vos photos, vos prix à jour et vos plats du jour.

Trois bénéfices immédiats, indépendants de toute livraison :

  • Vos prix changent en une minute, sans réimprimer trente cartes plastifiées quand le poisson augmente.
  • Vos plats se vendent mieux en photo. Sur la corniche et à la Marina, où une partie de la clientèle est étrangère et lit mal l'arabe ou le français gastronomique, l'image fait le travail que la carte ne fait pas.
  • Vous collectez vos premiers contacts : le client qui scanne peut s'inscrire pour recevoir vos offres. C'est le début de votre fichier, et il vous appartient.

Ce même menu, complété d'un panier, devient une commande à emporter, puis une commande livrée. C'est le chemin logique : une carte numérique d'abord, une prise de commande ensuite, une application seulement quand le volume le justifie.

Trois flux à ne pas confondre : salle, à emporter, livraison

Un restaurant qui numérise ses commandes gère en réalité trois métiers différents, et beaucoup de projets échouent parce qu'ils les traitent comme un seul.

En salle, le client est déjà chez vous : l'enjeu est la vitesse de prise de commande et le ticket moyen (suggestions, boissons, desserts). La commande doit tomber en cuisine avec le numéro de table.

À emporter, l'enjeu est l'heure de retrait. Un créneau annoncé et tenu vaut mieux qu'une promesse de « 20 minutes » qui en dure quarante. Ce flux est le plus rentable de tous : aucun livreur, aucune commission, et le client se déplace.

En livraison, l'enjeu est la zone. Une commande livrée à quinze minutes de la cuisine arrive froide et vous coûte deux fois le prix d'une course courte. Définissez vos quartiers — Founty, Talborjt, le centre, Dcheira, Inezgane — avec un tarif et un minimum de commande par zone, et refusez le reste.

Livrer soi-même : le vrai poste de coût

C'est le point que les restaurateurs sous-estiment le plus. Une application ne livre pas ; elle organise la livraison. Derrière, il faut un scooter, un livreur, une assurance, du carburant et quelqu'un qui répond quand le client attend.

Le modèle qui fonctionne le mieux chez les indépendants est hybride : garder la plateforme pour les heures creuses et la clientèle de passage, pousser le canal direct sur les heures de pointe et les habitués, et n'employer un livreur en propre que sur les créneaux où le volume le justifie — le soir, le week-end, et la haute saison touristique. À Agadir, où l'activité suit le calendrier des vacances et celui du Ramadan, un livreur salarié à l'année est un pari risqué ; deux livreurs sur les six mois pleins, beaucoup moins.

La mécanique complète — affectation des courses, suivi, preuve de livraison — est traitée dans notre guide sur la création d'une application de livraison au Maroc.

Menu QR + commande webApplication native (iOS/Android)Plateformes de livraison
Accès clientUn scan, aucun téléchargementTéléchargement puis compteDéjà installée
Nouveaux clientsCeux qui passent devant ou vous suiventPresque aucun : elle retient, elle ne recrute pasSon principal apport
Commission par commandeAucuneAucunePrélevée sur chaque vente
Fichier clientÀ vousÀ vousÀ la plateforme
NotificationsLimitéesOui, c'est son intérêt principalUtilisées par la plateforme
Mise en routeQuelques joursPlusieurs semaines, plus la validation des storesImmédiate
Quand c'est le bon choixToujours, en premierHabitués nombreux et commandes répétéesVolume et découverte

Le tableau se lit dans un seul sens : on ne remplace pas la plateforme par une application, on lui retire progressivement les clients qui reviennent.

La fidélité : la seule raison durable d'avoir une application

Une application ne se justifie pas par la commande — un site mobile rapide la prend aussi bien. Elle se justifie par ce qui se passe entre deux commandes : la notification du vendredi midi sur le plat du jour, la carte de fidélité qui ne se perd pas dans un portefeuille, la dixième pizza offerte automatiquement, l'adresse et le mode de paiement déjà enregistrés qui font passer la commande de quatre minutes à quarante secondes.

Un principe pour les notifications : une par semaine, utile, envoyée à l'heure où l'on a faim. Trois par jour et votre application est désinstallée avant la fin du mois. Et si votre marque n'est pas claire — nom, logo, univers, photos cohérentes — l'icône sur l'écran d'accueil ne sera jamais ouverte ; c'est le sujet de notre article sur l'identité visuelle d'un restaurant ou d'un café.

Ce qu'il faut préparer avant d'appeler un prestataire

Le projet avance vite quand ces décisions sont déjà prises : la carte complète avec prix, options et suppléments ; les zones de livraison avec tarif et minimum ; les horaires réels de prise de commande ; ce qui se passe quand un plat est épuisé ; qui reçoit la commande en cuisine et sur quel écran ; et comment la commande entre dans votre caisse, sujet que nous traitons à part dans notre article sur le logiciel de caisse pour restaurant au Maroc.

Vous hésitez entre un menu QR à mettre en place cette semaine et une application complète à construire ? Envoyez-nous votre carte, votre volume de commandes livrées et vos quartiers : nous vous dirons franchement ce que le calcul de marge autorise aujourd'hui, et ce qu'il vaut mieux attendre. Le devis est gratuit et vous revient sous 24 heures depuis samedagency.com.

Questions fréquentes

Faut-il quitter les plateformes quand on lance son propre canal ? Non, et c'est même la meilleure façon de rater les deux. La plateforme continue d'amener des clients qui ne vous connaissent pas ; votre canal direct sert à garder ceux qui reviennent. Glissez une carte avec votre QR code dans chaque sac livré : c'est le seul « transfert » de client qui fonctionne durablement.

Un client va-t-il vraiment installer l'application d'un seul restaurant ? Seulement s'il commande souvent chez vous. C'est pour cela que le menu QR et la commande web passent avant : ils ne demandent aucun engagement. L'application vient ensuite, proposée aux clients qui ont déjà commandé plusieurs fois.

Combien de temps pour mettre tout cela en place ? Une carte numérique avec QR code et une prise de commande à emporter se livrent en quelques jours ouvrables si vos photos et vos prix sont prêts. Une application mobile de commande avec fidélité, suivi de livraison et paiement en ligne relève plutôt de 3 à 6 semaines, validation par les stores comprise.

Peut-on accepter le paiement à la commande ou faut-il rester en espèces ? Les deux coexistent très bien. Beaucoup de restaurants gardent l'espèce à la livraison et réservent le paiement en ligne aux commandes de groupe, celles que l'on regrette le plus d'annuler. Anticipez simplement le délai d'ouverture de l'encaissement en ligne dans votre planning.

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